A Monsieur Augustin Trapenard

Monsieur Augustin Trapenard,

Je vous ai vu à la télévision parler du salon du livre et vous m’avez fait quelque chagrin lorsque vous avez donné votre point de vue sur l’auto édition.

Voyez-vous, Monsieur Augustin Trapenard, l’auto édition est une chose finouche et imprévisible que peu de gens du métier du livre ont vu venir.

Elle a réussi, en un rien de temps au regard des siècles, à faire trembler les murailles de l’édition érigées de longue date pour nourrir un tas de gens qui n’ont jamais écrit une ligne.

Écrivain, ce n’est donc pas, pour vous, un vrai métier. Les métiers d’écriture, dans votre bouche reviennent à ceux qui n’écrivent pas. C’est bizarre non?

Vous parlez, la larme à l’oeil, des métiers menacés par l’auto édition que sont les éditeurs, les traducteurs, les correcteurs et les libraires. Une véritable catastrophe. Une trahison. Mais, vous ne dites pas un seul mot des auteurs.

Ne sont-ce pas eux, pourtant, qui, dans la solitude de leur cervelle ont de tout temps agencé les mots ? Pourquoi n’en dites vous rien ? Leur écriture vaut-elle tripette ?

Tenus au mutisme, pour une raison qui m’échappe, ils se laissent tondre la laine sur le dos.

L’auto édition risque de réenchanter ces auteurs laissés sur la touche et de les pousser à voler de leurs propres ailes pour qu’on cesse de les plumer comme des pigeons.

Alors, les honorables maisons viendront chiper, comme elles ont commencé à le faire, les pépites et les belles pousses qui commencent à verdir dans les vastes champs de l’auto édition jusque-là emplis d’ivraie.

Monsieur Augustin Trapenard, vous êtes bel homme, vous avez un joli patronyme, une ascension fulgurante. Peut-être votre parcours inspirera-t-il l’un d’eux ?

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