27 mars 2015

« L’homme qui voulait rester dans son coin » fait encore des siennes en Espagne. Voici un article en espagnol d’Andrés Barrero que j’ai demandé à un ami de traduire en français :
Il y a des personnes que font de leur absence de caractéristiques leur principale caractéristique. Ce sont des personnes anodines qui vivent sans laisser de trace autre que bureaucratique, par essence inévitable. Le protagoniste de « l’inconcevable aventure de l’homme qui a été un autre » Édouard Pojulebe, est une de ces personnes bien qu’il ait, au départ, un élément différentiel : son nom. On ne peut pas dire qu’Edouard est une personne invisible par nature, non, il s’est simplement laissé porter.
Dans sa vie il ne se passe rien, il ne fait rien, mais lorqu’arriveront des événements extraordinaires, il se trouve qu’il va rendre les choses extraordinaires. On ne sait jamais si l’aventure d’Édouard Pojulebe a consisté à être réellement un autre ou à oser simplement être autre. En tout cas le résultat est un roman magnifique avec autant d’intensité psychologique que littéraire.
L’origine des vicissitudes de Pojulebe est précisément son nom de famille. La trame du roman parvient à révéler à la perfection la complexité du personnage tout autant qu’un auteur de talent. A l’évidence, Manou Fuentes l’est.
On comprend le personnage au travers de son nom de famille, mais aussi grâce aux situations inattendues auxquelles il est confronté. On observe que les décisions prise par Pojulebe sont sensiblement différentes des celles que l’on aurait pu prendre en pareille situation. Disons que ses mécanismes mentaux face à l’adversité ne sont pas habituels, ce qui fait partie de l’enchantement du roman qui démontre, entre autres, qu’il peut toujours y avoir un autre chemin.
Il m’apparaît à moi que l’approche argumentaire de Manou Fuentes est originale et brillante. Si nous ajoutons à cela la capacité de dérouter le lecteur, de construite les personnage tout en maintenant le rythme, il faut conclure que nous sommes devant un auteur très bon.
Au début de son aventure, quand Pojulebe se voit plongé dans une situation qu’il ne comprend pas, comme il ne sait pas comment vivre cette angoisse inconnue, il cherche des réponses dans tout ce qui lui tombe sous la main, la littérature, la philosophie ou l’auto contrôle . ET il ne trouve aucune solution. Toutefois, au fur et à mesure que la situation se complique, il est entraîné dans une spirale d’événements. Et là, plutôt que de chercher des réponses à ses questions, il se contente de les vivre. Peut-être est- ce cela que l’aventure inconcevable de l’homme qui a été un autre essaye de nous dire, ou peut-être pas : vivre suscite des questions et se contenter de les vivre est déjà une réponse.
Andrés Barrero
contacto@andresbarrero.es

http://www.librosyliteratura.es/la-inconcebible-aventura-del-hombre-que-fue-otro.html

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